Journal de Sophie, professeur débutant

Suivez-la face à ses premières classes sans jamais avoir été formée à l’enseignement. Elle espère avoir tout prévu, mais la tension monte…


Sophie ne sait plus trop ce qu’elle ressent. Cette boule au ventre qui la suit sans relâche depuis plusieurs jours traduit-elle de l’impatience ou de la peur ? De l’enthousiasme, de l’appréhension ? Depuis fin juin, la jeune femme sait qu’à la rentrée elle sera prof. Sa seule certitude, c’est la matière qu’elle enseignera : l’histoire-géographie. Mais de son métier elle ne sait rien de plus : Sophie fait partie des dernières générations dont on a dit qu’elles étaient “sacrifiées”, celles qui partent la fleur au fusil affronter des classes sans y avoir été préparées. Des profs qui ne sont pas passés par la case “formation”, qui ont réussi le concours parce qu’ils savaient étudier, et non parce qu’ils savaient enseigner. Et qui se retrouveront devant des élèves sans avoir aucune idée de ce qui les attend.

Devant cet abîme, Sophie se réjouit de peu : “J’ai beaucoup de chance : contrairement à nombre de mes futurs confrères, j’ai connu mon affectation dès le mois de juin et j’ai su quelles classes de collège j’allais avoir en face de moi.” À aucun moment, elle n’a tremblé devant le nom de cet établissement francilien, de notoriété publique l’un des pires de la région et dont la simple évocation fait frémir le plus chevronné des professeurs. Dès lors, celle qui n’est pas encore trentenaire a mobilisé dans un premier temps ses propres souvenirs : “Mon unique contact avec le secondaire date de ma propre expérience.” En potassant les livres scolaires, elle a réalisé que les exercices proposés aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec la manière dont sa matière était enseignée il y a déjà une vingtaine d’années.

Où est le savoir ?

Lire la suite du journal ici… déjà 29 pages tournées.

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