La postérité de l’humour grinçant

Pierre Desproges est un humoriste des années 70-80 réputé pour son humour noir, son anticonformisme et son sens de l’absurde.

Envoyé pendant 28 mois en Algérie pour son service militaire, il conservera de cette période un souvenir exécrable. De retour à la vie civile et ne sachant trop que faire pour gagner sa vie, il entreprend des études de kiné, écrit des romans-photos, vend des assurances-vies (qu’il rebaptise « assurances-mort »),…

Pierre Desproges devient ensuite journaliste, mais le chef de service des informations générales de L’Aurore qui n’aime pas son humour et ne le supporte pas le fait renvoyer.

Il travaille alors dans un journal hippique, avant de revenir dans le journal précédent, où on lui confie une rubrique de brèves insolites à l’humour acide, que Pierre Desproges appelle la « rubrique des chats écrasés ». Jugé un peu trop caustique, il évite son licenciement grâce à Françoise Sagan, qu’il interviewera plus tard pour Le Petit Rapporteur, et qui écrit une lettre au journal en affirmant qu’elle n’achète L’Aurore que pour la rubrique de Desproges.


Desproges participe ensuite à plusieurs émissions de radio, avec Thierry Le Luron, collabore à Charlie Hebdo, participe à des sketchs télévisés pour enfants afin de « les abêtir davantage ». Cette séquence est en quelque sorte l’ancêtre de La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède qui, selon lui, divise la France en deux : « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. »

Il a aussi joué dans plusieurs spectacles et pièces de théâtre, fait de la figuration au cinéma, chanté,… Célèbre pour son humour grinçant mis en valeur par une remarquable aisance littéraire, Pierre Desproges s’est notamment illustré avec des thèmes souvent évités, quoique mal à l’aise face à certaines personnes. Comme il le disait lui-même : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ».

Ses traits d’humour révèlent généralement un personnage bon vivant, individualiste à la verve féroce. Certains thèmes revenaient de manière fréquente dans ses sketchs : le plaisir sous toutes ses formes (les femmes, la bonne chère, le vin, etc.), mais aussi le cancer, la mort, ou encore l’antisémitisme et autres formes de racismes sont parmi les sujets qu’il aborde régulièrement.

Certains éléments narratifs reviennent également, dont voici quelques exemples hautement ironiques : Son individualisme viscéral, qui lui fait fuir instinctivement toutes les formes de groupes, qui ne sont pour lui que des lieux où s’exprime la bêtise : « Quand on est plus de quatre, on est une bande de cons, alors a fortiori moins de deux, c’est l’idéal ».


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