Laisse-moi t’aimer

Mike Brant, de son vrai nom Moshé Brand, est un chanteur et compositeur israélien né à Chypre et décédé en France, dont les parents polonais avaient émigré en Palestine après la Seconde Guerre Mondiale.

À un peu plus de 16 ans, il est choisi pour animer le réveillon du 31/12 dans un grand hôtel de Haïfa, et, à dix-sept ans, il devient un artiste reconnu dans les grands hôtels israéliens, à la tête de son groupe « Les Chocolate’s ». Il interprète pour la clientèle internationale des hits américains de ses chanteurs préférés.

Son père meurt en 1967 et Mike Brant en est très affecté. Désormais, il commencera chacune de ses prestations par interpréter, en son honneur, la chanson préférée de son père. Peu après, à 20 ans, il entre comme chanteur dans la célèbre troupe du grand music-hall d’Israël, Lakat Karmon et pendant 2 ans, il fait connaître aux Etats-Unis, en Afrique, en Australie,… des airs du folklore israélien. Puis, il est embauché au Baccara, un night-club de Téhéran où il est remarqué par Sylvie Vartan et Carlos qui l’invitent en France, bien qu’il ne parle pas le français et à peine l’anglais.

Il arrive ainsi à Paris en 1969 et se produit grâce à Carlos au club Bistingo, qui lui fait également rencontrer l’un des compositeurs de Sylvie Vartan et Johnny Halliday, Jean Renard, qui lui écrit aussitôt Laisse-moi t’aimer. Il passera 2 mois à travailler en studio, réécrivant phonétiquement les paroles en hébreu. Avec plus de 1.000.000 d’exemplaires vendus, la chanson devient rapidement un énorme succès et il est invité dans les émissions de télévision.

En 1970, Mike Brant interprète Mais dans la lumière et remporte un Grand Prix, avant de se voir proposer par Dalida de participer à son spectacle à l’Olympia de Paris, prévu pour 63 jours. En 1972, il dépasse Claude François en popularité. Les succès s’enchaînent : C’est ma prière la même année, Rien qu’une larme, Tout donné, tout repris et Viens ce soir, C’est comme ça que je t’aime, Serre les poings et bats-toi, On se retrouve par hasard et Qui pourra te dire ?, et se voit classé dans les “chanteurs à minettes”.

Épuisé par le rythme de sa carrière et affecté psychologiquement par la guerre dans son pays (il s’est rendu sur place pour soutenir les soldats et en est sorti changé et traumatisé), il fait un séjour en hôpital psychiatrique où on lui diagnostique une dépression. Il fait une première tentative de suicide en 1974. Un an, plus tard, il ne se rate pas et meurt sur le coup à 28 ans.

Plusieurs thèses ont été avancées pour expliquer sa mort : assassinat (ou, tout au moins, responsabilité de son entourage dans son suicide), difficulté grandissante à assumer les conséquences de son succès (vie désorganisée, harcèlement des fans), traumatisme psychologique touchant les enfants de déportés et surtout consommation de drogue trop importante ce matin-là. Soigné pour dépression, Mike Brant avait en effet cessé de prendre les médicaments qu’on lui prescrivait depuis sa première tentative de suicide parce qu’ils le faisaient grossir et seule la drogue le maintenait dans un équilibre précaire.

Parmi les autres versions qui firent également les gros titres de la presse spécialisée ou qui surgirent au fil des ans, on évoque encore une implication dans un trafic d’œuvres d’art, une histoire d’espionnage en lien avec le Mossad ou bien encore une énième querelle avec son producteur. La disparition de Brant reste encore aujourd’hui matière à controverse, comme pour d’autres vedettes disparues de façon tragique.


#Brant

お問合せ

Copyright © 2016 -2020 MariE Anne All Right Reserved 無断転載禁止