Le château-prison-musée

Le château d’If est une fortification édifiée sur les ordres du roi François Ier au centre de la rade de Marseille qui a essentiellement servi de prison pendant ses 400 ans d’utilisation officielle. Rendu célèbre par le roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, il est l’un des sites les plus visités de la ville de Marseille, classé monument historique le 7 juillet 1926.

C’est une construction carrée de trois étages mesurant 28 mètres sur chaque côté, flanquée de trois tours, percées de larges embrasures. Le reste de l’île, dont la dimension est de seulement 3 hectares, est fortement défendu ; de hauts remparts avec des plates-formes d’artillerie surmontent les falaises. Dès Henri IV, un fort très important couronnait l’île Ratonneau, actuellement totalement enfoui sous les reconstructions successives. Puis ce fut l’île d’If qui fut fortifiée au XVIe siècle.

C’est sur l’îlot d’If, que fit escale selon les historiens de Provence le 23 janvier 1516, la nef portugaise qui convoyait de Lisbonne à Rome le célèbre rhinocéros indien que Manuel Ier de Portugal offrait au pape Léon X. Cet animal avait été offert au roi du Portugal par Muzaffar Shah II sultan du Cambay.

François Ier qui était en pèlerinage à Saint-Maximin-La-Sainte-Baume fit le déplacement avec sa cour pour venir le voir. De nombreux Marseillais se rendirent sur l’île pour admirer l’animal. Après quelques semaines sur l’île, la bête reprit son voyage mais le navire fit naufrage dans le golfe de Gênes. Le pape reçut bien le rhinocéros, mais celui-ci avait été empaillé, après la découverte de son cadavre à la suite du naufrage.

Le château d’If est la première forteresse royale de Marseille. La seconde est le Fort Notre-Dame construit après 1536 toujours sur l’ordre de François Ier.

La construction d’une forteresse est un acte politique. Il s’inscrit dans le cas du château d’If dans un projet plus vaste de contrôle des côtes provençales : Marseille est au XVIe siècle « la plus belle fenêtre du royaume de France en Méditerranée du nord ». Le principal atout du bâtiment est sa situation au centre de la rade Nord de Marseille sur les routes de navigation les plus fréquentées.

À partir du XVIIIe siècle, le château d’If sert de prison pour 3500 protestants. Les galériens huguenots arrêtés sur l’ordre du roi après la révocation de l’édit de Nantes (1685), et en transit avant d’être enchaînés sur les galères de Marseille jusqu’à leur mort.

Voici les impressions de Céphas Carrière qui écrivait en 1708 (texte en vieux français) : « Après avoir resté environ deux ans sur les galères, je fus traduit au château d’If, forteresse dans la mer, à une lieue de Marseille. Plusieurs autres de nos frères, que les missionnaires ne pouvoient souffrir sur les galères, y furent traduits dans le même temps. Nous nous sommes trouvés jusqu’à quinze. Notre nombre n’a pu se soutenir quoyque, comme je vous dis, on en ait toujours mené quelqu’un, car le lieu est si méchant qu’il paroît impossible d’y durer. Mon frère y est devenu perclus de tous ses membres ; il faut qu’on lui mette le pain à la bouche quand il veut manger… J’avois commencé à vous dire que les endroits où nous sommes sont fort méchants ; en effet je ne croy point qu’il y en ait de plus rudes en France ; j’ai resté presque toujours dans le plus mauvais et dans lesquels il n’y a aucun jour, et où il faut vivre à la lumière de la lampe ; ce sont des fonds de tour, pour descendre dans une il faut passer cinq portes, descendre seize degrés avec une lampe à la main pour y voir, ensuite descendre encore plus bas par le moyen de quelque machine ; cela seroit plus propre à mettre les morts que les vivants, car en effet ce sont des sépulcres affreux. »

#If #Marseille

お問合せ

Copyright © 2016 -2020 MariE Anne All Right Reserved 無断転載禁止