Les conjoints sur le bord du chemin

Ceux qui restent est le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice Anne Le Ny. Il met en scène la relation qui se tisse entre un homme et une femme, « ceux qui restent », dans un hôpital, où l’épouse de l’un et le compagnon de l’autre sont soignés pour des cancers.


Professeur d’allemand, Bertrand vit avec la fille de sa femme, Valentine, 16 ans, qui n’aime guère son beau-père et avec laquelle les relations sont houleuses. Graphiste, Lorraine  connaissait depuis un an son compagnon et avait emménagé avec lui depuis quelques mois.


Bien que leurs caractères et leurs réactions à la maladie de leurs proches diffèrent beaucoup – lui fait tout pour sa femme et délaisse depuis longtemps sa propre vie quotidienne, elle est angoissée à l’idée de ne pas être à la hauteur pour son compagnon et veut continuer à vivre -, Bertrand et Lorraine vont graduellement passer d’une amitié de circonstance à une autre relation.

Pour sa première réalisation, Anne Le Ny n’a pas cherché la facilité. Cette actrice, souvent aperçue à la télévision, au théâtre ou dans des seconds rôles, empoigne son sujet avec pudeur et une arme fatale : l’humour. Sans la moindre fausse note, elle saisit chaque occasion d’alléger le propos, comme dans cette scène de respiration, un barbecue familial où les adultes s’affairent en se plaignant de rater les premiers pas des bébés, tandis que le dernier-né de la famille gambade inopinément dans l’indifférence générale… Au-delà d’une poignante histoire d’amour ratée, Ceux qui restent est aussi la chronique d’une culpabilité carnassière. (…) Jamais tire-larmes, , le film met en scène des personnages qui nous bouleversent à contre-courant : notre émotion naît de leur lutte pour ne pas se laisser submerger par les leurs. »

On peut aussi porter au crédit de la cinéaste et scénariste un certain nombre de choix radicaux : malades et médecins sont absents de l’image ; larmes, flash-back et scènes de la vie professionnelle des deux héros sont proscrits. Anne Le Ny aborde un thème original : celui de l’angoisse, de l’épreuve des trajets et visites qui s’abattent sur les conjoints des patients ou moribonds.

Rythmée par les trajets, le bus, le RER, les ruses du non-dit, l’évolution de la complicité inavouée, puis encombrante pour Bertrand, enfin indispensable au point de pousser le personnage à venir à l’hôpital sans autre raison que de croiser Lorraine, entraîne une émotion, contenue. La composition de Vincent Lindon, ours à principes, n’y est pas pour rien. »


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