Parler pour ne rien dire

Raymond Devos est un humoriste et comédien resté célèbre pour ses jeux de mots, ses qualités de mime, son goût pour les paradoxes cocasses, le non-sens et la dérision et qui hérite de sa mère sa sensibilité artistique. Il est le papa d’Emmanuelle, célèbre actrice.

Tout jeune encore, il découvre son don pour raconter des histoires et captiver son auditoire. Mais il doit arrêter ses études à 13 ans à cause des graves problèmes financiers que connaît sa famille, sans pouvoir assouvir sa soif de connaissances. Cela restera comme son plus grand regret et lui donnera cette posture d’éternel étudiant, fasciné par le savoir.

C’est donc par lui-même qu’il parfait sa culture et sa maîtrise de la langue française et de la musique. Son univers familial le prédispose à jongler avec la musique. Son père joue de l’orgue et du piano, sa mère du violon et de la mandoline, son oncle de la clarinette. Il apprendra lui-même des instruments aussi divers que la harpe, la guitare, la trompette,…

La faillite de l’entreprise de son père les contraint d’aller en banlieue parisienne, où sa famille vivra dans des conditions difficiles. Avec toute sa volonté et son acharnement à devenir artiste, il observe avec ravissement les spectacles de rue, comme ceux des forains.


Après la Libération, Devos enrichit son bagage d’une nouvelle expérience, celle de mime, rencontrant notamment Marcel Marceau. Il prend ensuite des cours de théâtre et, en 1948, monte un numéro burlesque « les trois cousins », avec André Gille et Georges Denis. Un duo avec Robert Verbeke succède ensuite au trio.

Mais c’est au hasard d’une tournée théâtrale des villes casinos qu’il découvre l’absurde et le comique de situation. Interrogeant un maître d’hôtel, « Je voudrais voir la mer », il se voit répondre « Vous n’y pensez pas, elle est démontée ». « Quand la remontera-t-on ? » insiste-t-il. « C’est une question de temps »… Ces quatre répliques lui donnent la matière à un sketch, La mer, puis bientôt à un autre, Le car pour Caen.


Remarqué par Maurice Chevalier, il passe en première partie de son spectacle et y gagne la consécration. Son sketch Le plaisir des sens le rend célèbre : « Mais dis-moi laitier, ton lait va tourner ! », apostrophe auquel le laitier en question, pris sur un rond-point ne donnant que sur des sens interdits, répond par « T’en fais pas, je fais mon beurre ».

Son propre spectacle s’enrichit sans cesse : mime, comédien, musicien, jongleur, équilibriste sur monocycle, prestidigitateur… Il jongle aussi bien avec des petites balles qu’avec des boules de cinq kilogrammes. Ses prouesses physiques sur scène suscitent l’étonnement puis le rire, en regard de sa silhouette rebondie, avec son pantalon retenu sous le ventre par des bretelles.

Très différent d’un Coluche malgré une référence commune au clown, l’humour de Raymond Devos frise parfois la mathématique fondamentale, comme lorsqu’il explique que « Si on peut trouver moins que rien, c’est que rien vaut déjà quelque chose » ou que « Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ».


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