Trop en avance sur ton temps

Il est des films qui ne suscitent pas l’engouement à leur sortie, mais qui le temps faisant attirent les regards. La Belle Verte est de cette veine.

Son histoire débute sur une planète lointaine (la planète verte) habitée par une civilisation évoluée et égalitaire, vivant en parfaite harmonie avec la nature dans des paysages immaculés, et qui pratiquent certaines disciplines comme la télépathie. Lors d’une réunion du conseil planétaire, les habitants font le constat que cela fait 200 ans au moins qu’aucun volontaire ne s’est désigné pour visiter la Terre, au contraire d’autres planètes, qui déchaînent un enthousiasme très largement supérieur.

Cherchant à en connaître les raisons, et profitant de l’expérience d’Osam, le dernier à s’y être aventuré, à l’époque napoléonienne, ils font le constat que la Terre abrite encore probablement une civilisation arriérée caractérisée par les inégalités sociales, le racisme, la monnaie,… une situation que l’avènement de la révolution industrielle n’a pu que faire empirer. On y apprend ainsi que sur la planète verte il y a eu également une époque industrielle avec des biens de consommation, mais cette époque est désormais tellement lointaine qu’elle ne s’étudie qu’en cours d’archéologie.


Elle déchante rapidement, voyant les autoroutes urbaines, l’air vicié, les trottoirs jonchés de déjections, la concentration de l’habitat, la mauvaise mine et agressivité des habitants. Elle entame une première communication par télépathie avec sa famille, pour donner des nouvelles. Allergique à la nourriture industrielle qu’elle parvient à se procurer, elle est contrainte de chercher le contact avec un nouveau-né, solution alternative pour se recharger.

Ensuite, ses fils, Mesaje et Mesaul la rejoignent et décrivent à leurs petites amies terriennes le mode de vie quotidien de leur planète. Ils racontent également comment, à une époque lointaine, leur ère industrielle a débouché sur de grands procès, où “tous les gens qui fabriquaient des produits nocifs pour la santé des humains, des animaux et des plantes ont été jugés coupables de crime contre la planète” : l’industrie agro-alimentaire et chimique, les fabricants d’armes, de tabac et d’alcool, les industries pharmaceutiques et nucléaires, les constructeurs d’automobiles, etc. Et peu après, un boycott généralisé de la population contre « tout ce qui était mauvais pour la vie » a entraîné la fin de la société de consommation.

Sous la forme d’un conte philosophique le film aborde les thèmes aussi divers que l’anti-conformisme, l’écologisme, le féminisme, l’humanisme,… ou encore le rejet des technologies nuisibles, par le biais de dialogues ou de situations drôles. Les références à la spiritualité New Age sont très appuyées (télépathie, magnétisme, venue sur terre pour aider les humains à s’élever et parler vrai, philosophie de la nature, etc.).

Depuis sa sortie mitigée, le film a connu une importante deuxième vie sur internet où il fut sous-titré en de nombreuses langues et vu près de 3.500.000 de fois. Ce contraste entre l’accueil froid lors de sa sortie en 1996 et son succès au début du XXIème siècle fit dire à la réalisatrice Coline Serreau en 2009 que le film “était trop en avance” sur son temps.


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